La Paracha de la semaine en format PDF

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paracha de la semaine

Nitsavim Vayelekh

5 Septembre 2026

כ"ג אלול תשפ"ו

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 20h23 21h29 22h23
Lyon 20h08 21h11 22h00
Marseille 20h02 21h04 21h50
Tel Aviv 18h49 19h47 20h22
Jérusalem 18h32 19h45 20h24

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Le mérite des patriarches et les jours redoutables

Rabbi David Hanania Pinto

« Que tu retournes à l’Eternel, ton D.ieu, et que tu obéisses à Sa voix en tout ce que Je te recommande aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme. » (Dévarim 30, 2)

Lors des jours redoutables, l’homme en vient à admettre la vérité ; sa connaissance de l’Eternel s’éclaircit si bien qu’il ne peut que revenir vers Lui. En outre, à cette période et, en particulier, à Roch Hachana et Kippour, l’esprit divin plane sur les enfants d’Israël et les assiste dans ce processus de retour, comme s’il leur soufflait : « Réveillez-vous, vous qui dormez, de votre sommeil ! Sortez de votre torpeur, endormis ! » (Rambam, Hilkhot Téchouva 3, 4) Cet esprit divin nous éveille au repentir, nous encourageant à nous purifier de nos fautes et, de surcroît, nous y aide de manière concrète.

Un homme s’étant sali au contact de la boue doit se laver avec de l’eau et du savon. Plus son corps est encrassé, plus il devra se frotter pour redevenir propre. Quant à celui qui a utilisé son corps pour commettre des péchés, il a endommagé l’ensemble de son être, y compris son âme. Même s’il se repent, une trace de ses fautes subsistera en lui, aussi, comment pourra-t-il se tenir face au Créateur ? En fait, lorsque le Très-Haut constate sa volonté de se rapprocher à nouveau de Lui, Il ménage en sa faveur une ouverture en dessous de Son trône afin que ses prières soient acceptées. A travers cette ouverture, une grande lumière jaillit, ôtant toute embûche et permettant aux prières de parvenir au Saint béni soit-Il sans être détournées par les anges destructeurs.

Il s’agit là d’un immense bienfait de l’Eternel envers Ses créatures, puisque, en dépit de leurs nombreuses fautes, Il ne leur ferme pas les portes, mais, au contraire, leur facilite la démarche de retour. Au moment où les prières d’un homme s’élèvent et sont agréées devant le Maître du monde, il ressemble à un nouveau-né qui n’a pas encore fauté ou à une femme venant de se défaire de son impureté en se trempant dans un mikvé.

Lors des jours redoutables, le Saint béni soit-Il aide l’homme à se repentir en se rapprochant de lui. Il lui est donc plus aisé qu’à l’accoutumée de s’imprégner de sainteté et cet influx éveille en lui l’aspiration à gagner en proximité divine. Cette période de l’année se trouve également sous l’influence du mérite des patriarches, sur lequel peuvent s’appuyer les pénitents. En particulier, nous mentionnons l’épisode de la ligature d’Its’hak, qui nous enseigne, à travers les figures exemplaires d’Avraham et de son fils, ce qu’est le véritable amour de D.ieu. Nos pères étaient si proches du Saint béni soit-Il que rien de matériel ne les séparait de Lui, au point qu’ils étaient prêts à se sacrifier pour sanctifier Son Nom.

En marge du verset « Et ils allèrent tous deux ensemble » (Béréchit 22, 8), le Radak explique qu’Its’hak était animé de la même dévotion qu’Avraham, puisqu’il était tout à fait prêt à sacrifier sa vie afin de remplir la volonté divine. En outre, cette expression nous indique également le puissant amour qui unissait père et fils, amour qui les liait tous deux à l’Eternel et leur permit de s’élever au niveau idéal où le Saint béni soit-Il, la Torah et les patriarches ne forment qu’une entité.

Or, l’amour intense qui brûlait entre eux nous permet de déduire l’ampleur de leur dévouement au Créateur, puisqu’en dépit du lien très étroit unissant leurs âmes, ils furent prêts à se séparer si tel était le projet divin. L’amour de l’Eternel représentait, incontestablement, la priorité et guidait leur conduite.

Le texte souligne également le zèle particulier avec lequel Abraham se plia à l’ordre divin : « Abraham se leva de bonne heure, sangla son âne. » (Ibid. 22, 3) Il n’attendit pas que ses serviteurs le fassent pour lui, mais s’empressa de le faire lui-même. Pour les patriarches, l’amour du Créateur prévalait et les guidait en toutes circonstances, tandis que leur amour mutuel reposait sur la crainte du Ciel et la volonté de Le satisfaire.

Lors des jours redoutables, l’homme a non seulement l’obligation de réparer sa conduite à l’égard du Saint béni soit-Il, mais aussi celle vis-à-vis d’autrui, en utilisant à bon escient l’influx de sainteté de cette période. Or, il faut savoir que le mauvais penchant est particulièrement virulent dans ce dernier domaine, mettant en œuvre tous les moyens pour nous empêcher de nous corriger, conscient que, si D.ieu est prêt à ignorer les offenses qui Lui sont faites, Il ne pardonne pas celles dirigées contre Ses créatures, qui constituent le plus grand chef d’accusation. Il tente de faire croire à l’homme qu’il n’a pas offensé son prochain ou que celui-ci ne lui en veut pas, si bien qu’il ne ressent pas le besoin de se repentir et récidive.

Le Baal Hatania s’étend longuement, dans ses ouvrages, sur la proximité du Créateur avec Ses enfants, propre aux jours de miséricorde. Il nous propose la parabole d’un roi résidant dans un palais situé en ville ; quiconque désire l’observer se rendra sur la place surplombant ses jardins. Or, en certaines occasions, il sort de son palais pour se rendre dans les champs, afin que même ceux habitant à l’extérieur de la ville puissent le voir. De la même manière, le Saint béni soit-Il est proche de nous toute l’année durant et quiconque le désire a la possibilité de se rapprocher de Lui. Toutefois, durant les jours de miséricorde, Il se rapproche encore davantage de nous, de sorte à permettre même aux personnes éloignées de prendre la voie du retour.

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

La mézouza qui ne voulait pas rester en place

Lors d’un de mes passages aux États-Unis, un Juif américain me fit part d’un problème pour le moins étrange : la mézouza placée à la porte de sa maison tombait sans arrêt. À chaque fois qu’il la remettait en place, elle tombait de nouveau, phénomène qui se répétait en boucle.

En entendant cela, je lui proposai de venir chez lui pour fixer la mézouza en personne. C’est ainsi que je me rendis à son domicile et que je la replaçai, m’assurant qu’elle était solidement attachée au montant de la porte.

Je venais de commencer le cours que j’avais prévu de donner sur ces lieux quand on entendit le bruit causé par la chute d’un objet en direction de la porte. Nous nous précipitâmes vers la porte pour découvrir que la mézouza était de nouveau tombée.

Je me baissai aussitôt pour la ramasser et découvris, stupéfait, qu’un morceau de bois du montant y était resté collé, preuve qu’elle avait été fixée très fortement. Mon étonnement ne faisait que croître. Si elle était si bien attachée, comment expliquer sa chute ?

En l’absence de réponse claire, je la refixai aussi solidement que possible et repris mon cours. Quelques minutes à peine s’écoulèrent que nous entendîmes le même bruit : la mézouza était une fois de plus tombée.

Il fallait se rendre à l’évidence : il y avait une cause spirituelle expliquant ce phénomène. Ayant l’intuition que cela était lié à l’interdit du meurtre, énoncé dans les Dix Commandements, je déclarai au maître de céans : « Sachez qu’il y a un assassin dans cette demeure ! »

Il pâlit et avoua avec honte que mes paroles étaient exactes. Dans sa jeunesse, un voleur s’était introduit dans la demeure de ses parents et, par peur, il l’avait grièvement blessé. Bien que la police ne l’ait pas jugé coupable, il n’avait pu se défaire d’un sentiment de culpabilité pendant toutes ces années et avait gardé ce secret dans son cœur, ne le confiant pas même à son épouse.

Après cet aveu, je lui indiquai en détail comment réparer son geste dramatique et l’expier. Je lui recommandai entre autres de jeûner pendant une semaine tous les jours, en se contentant de manger un peu de pain la nuit.

Après cette semaine de tikoun, il me contacta afin de me remercier pour mes conseils qu’il avait suivis à la lettre. Grâce à D.ieu, il avait de nouveau fixé la mézouza à la porte de sa maison et, cette fois-ci, elle était restée en place sans bouger. Cela n’est pas dû à mon propre mérite, mais uniquement à celui de mes ancêtres, grâce auquel je jouis d’une assistance divine particulière.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Je veux me réjouir pleinement en l’Éternel (…) » (Yéchayahou chap. 61)

Il s’agit de la septième et dernière haftara lue lors des Chabbatot de consolation suivant le 9 Av.

CHEMIRAT HALACHONE

Les personnes aimées de l’Eternel

Si, en omettant de raconter un fait, on ne subit pas de perte financière, mais uniquement une humiliation, ce sera évidemment interdit de le raconter. On ne tiendra pas compte de ce désagrément et on saura que, grâce à une telle conduite, on comptera parmi les personnes aimées de l’Eternel. Son visage brillera comme le soleil, comme l’affirment nos Sages : « Ceux qui sont humiliés, mais n’humilient pas autrui, écoutent leur injure et n’y répondent pas, le texte dit d’eux : “Tes amis rayonneront comme le soleil dans sa gloire.” »

PAROLES DE TSADIKIM

Ceux, parmi nos lecteurs, qui sont responsables des courses du Chabbat auront sans doute remarqué que les ‘halot confectionnées cette semaine n’ont pas le même aspect qu’à l’ordinaire. Toute pâtisserie bien tenue veille à le modifier depuis le premier Chabbat de l’année et tout au long du mois de Tichri, en les faisant rondes.

Toutefois, la raison de cette coutume n’est pas toujours connue, aussi, pour l’intérêt des pâtissiers et de leurs clients, nous proposons d’en tracer les grandes lignes.

Précisons, tout d’abord, que la forme classique adoptée toute l’année pour le Chabbat et les jours fériés a, elle aussi, une source dans les ouvrages saints. D’après le Chla, nous lui donnons la forme d’un Vav afin de ressouder le Nom divin Hé-Vav-Youd-Hé : la tranche de ‘hala a la forme d’un Youd, les cinq doigts des deux mains la coupant correspondent numériquement aux deux Hé, tandis que la ‘hala elle-même ressemble à un Vav.

Néanmoins, dans certaines communautés sépharades, on a l’habitude de confectionner des ‘halot rondes toute l’année, en souvenir de la manne qui avait cette forme.

L’ouvrage Taamé Haminhaguim (Likoutim 183) écrit que, depuis Roch Hachana et jusqu’à Hochana Rabba inclus, il existe une coutume, s’appuyant sur le responsa du Mahari Assad (Ora’h ‘Haïm 157), de cuire des ‘halot rondes. Il y est expliqué qu’à Pessa’h, nous confectionnons des matsot rondes, du fait que, lors de l’exil du peuple juif en Egypte, une loi promulguait que les pains devaient être carrés ou triangulaires, en rappel aux divinités vénérées dans ce pays ; afin de s’éloigner de ces pratiques idolâtres, nos ancêtres faisaient leurs pains ronds, symbole de la solidarité. Aussi, à Roch Hachana, moment où nous couronnons unanimement le Roi des rois, nous reprenons cette habitude, prolongée au cours du mois de Tichri. Telle était la coutume des communautés d’Allemagne.

Le ‘Hatam Sofer – que son mérite nous protège – explique que nous faisons des ‘halot rondes pour leur valeur symbolique positive, le rond, qui évoque l’infini, exprimant la longévité. Certains justes affirment adopter cette pratique du fait que cette forme ressemble à une couronne, rappelant celle que l’on attribue à l’Eternel, tout particulièrement en ces jours, comme nous le disons : « Et ils Te donneront la couronne de la royauté. »

Dans certaines communautés, on a l’habitude de former des ‘halot rondes durant l’ensemble du mois de Tichri, tandis que dans d’autres, on leur donne l’aspect courant du reste de l’année.

Il existe d’autres coutumes relatives à la forme des ‘halot de Roch Hachana, comme celle de leur donner l’aspect d’oiseaux, ainsi que le rapporte l’ouvrage Torat Emèt selon lequel cela traduit l’idée de protection divine dont nous jouissons, en vertu du verset : « Comme des oiseaux qui voltigent [sur leur couvée], ainsi, l’Eternel couvrira de Sa protection Jérusalem. » (Yéchaya 31, 5) Dans la ‘hassidout de Sakawira, on a l’habitude de décorer les ‘halot rondes par un nœud représentant un oiseau.

Enfin, d’aucuns ont l’habitude de former les ‘halot en échelles, parce qu’à Roch Hachana, D.ieu juge chacun d’entre nous et détermine qui s’appauvrira et qui s’enrichira, qui sera abaissé et qui élevé, etc. Le Midrach Tan’houma affirme que le Très-Haut fait des échelles dans les cieux, de sorte à élever les uns et abaisser les autres, d’où le sens de cette coutume (Matamim 33). D’après d’autres, elle exprime notre volonté que nos prières s’élèvent vers notre Père céleste. L’ouvrage Minhagué beit alik mentionne l’habitude de confectionner deux ‘halot, l’une de la forme d’un oiseau, l’autre d’une échelle.

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Rabbi David Hanania Pinto

Pourquoi ne craignons-nous pas le jugement ?

J’ai entendu au nom de Rav Chakh, de mémoire bénie, que la peur qui nous saisit lors du jugement ne résulte pas uniquement de celui-ci, mais avant tout du fait que nous devons alors nous tenir face à D.ieu. S’il en est ainsi, comment expliquer que le reste de l’année, nous n’éprouvons pas une telle appréhension ? Serait-ce à dire que nous ne ressentons pas, comme nous le devrions, l’omniprésence divine, ainsi que nous l’enjoignent nos Sages : « Sache devant Qui tu te tiens » (Brakhot 28b) ?

Nos Maîtres affirment que le verset « Vous êtes placés aujourd’hui » se réfère à Roch Hachana, où nous nous tenons devant le Créateur pour être jugés. Durant ce premier jour de l’an, nous proclamons : « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du monde », ce qui peut susciter notre étonnement puisque l’Eternel entama l’œuvre de la Création le 25 Eloul (Vayikra Rabba 29, 1). C’est que l’univers entier n’a vu le jour que pour l’homme. N’eût été celui-ci, le Saint béni soit-Il n’aurait pas ressenti le besoin de créer le monde. Dans cet esprit, nos Sages perçoivent l’homme comme un microcosme. Aussi, chacun doit-il considérer, à tout instant, que le monde n’a été conçu que pour lui. Par conséquent, lorsque nous déclarons « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du monde », nous nous référons en fait à l’homme, créé à Roch Hachana, élément essentiel du cosmos le justifiant à lui seul.

La section de Nitsavim est suivie par celle de Vayélèkh et leurs noms respectifs semblent être en contradiction directe : le premier exprime la fixité, alors que le second évoque le mouvement. En réalité, au-delà de cette opposition apparente, ces deux notions se complètent : après que les enfants d’Israël se sont tenus devant le Saint béni soit-Il pour être jugés, Il conduit chacun d’entre eux dans une certaine voie, en fonction de sa conduite personnelle. S’il veille à suivre la voie de la Torah et des mitsvot, le Très-Haut le mènera dans le chemin du bien et de la bénédiction. Mais si, à D.ieu ne plaise, il persiste dans le péché, Il le dirigera dans le chemin de la détresse et de la malédiction.

La crainte du jugement ne provient pas uniquement du jugement en soi, mais également du fait que nous nous tenons alors devant le Tout-Puissant. En vérité, plutôt que de se limiter à cette période, cette crainte devrait nous habiter tout au long de l’année. Si nous désirons y parvenir, il nous appartient de travailler sur nous-mêmes de sorte à accéder au niveau décrit par le verset « Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur » (Téhilim 16, 8).

PERLES SUR LA PARACHA

La précision du nombre, preuve de son authenticité

« Vous êtes placés aujourd’hui » (Dévarim 29, 9)

Rachi cite l’interprétation du Midrach Agada : « Pourquoi le sujet de “vous êtes placés aujourd’hui” est-il juxtaposé à celui des malédictions ? Parce que les enfants d’Israël en entendirent cent moins deux, outre les quarante-neuf mentionnées dans Torat Cohanim, suite à quoi ils pâlirent et se dirent “Qui pourra résister à toutes celles-là ?” »

L’auteur de l’ouvrage Divré Chaoul affirme que l’essentiel de la réprimande recelée par les malédictions réside dans la précision des nombres quatre-vingt-dix-huit et quarante-neuf. En effet, lorsqu’on avertit quelqu’un qu’il va recevoir des coups sans lui en souligner le nombre ou en l’arrondissant, comme cinquante ou cent, il peut supposer que c’est exagéré et qu’on lui en attribuera sans doute moins. Par contre, l’évocation d’un nombre précis laisse entendre qu’il est exact et fixe.

C’est pourquoi, lorsque nos ancêtres entendirent les quatre-vingt-dix-huit malédictions, s’ajoutant aux quarante-neuf autres, ils prirent peur et pâlirent.

L’essentiel mais pas le tout

« Cet homme se donnerait de l’assurance dans le secret de son cœur, en disant : “Je resterai heureux tout en me livrant à la passion de mon cœur.” » (Dévarim 29, 18)

Ce verset, explique le Ktav Sofer, constitue des paroles de morale concernant les individus bons envers autrui, mais péchant vis-à-vis de D.ieu. Lorsqu’on leur reproche leurs transgressions dans ce domaine, ils se défendent en s’appuyant sur le fait qu’ils font preuve de générosité et de compassion à l’égard de leur prochain.

Tel est bien le sens de notre verset : « Dans le secret de son cœur » signifie qu’ils comptent sur leur bon cœur pour se permettre de se livrer « à la passion de [leur] cœur », c’est-à-dire pour commettre toutes les fautes du monde. Or, en réalité, l’Eternel ne leur pardonnera pas leurs écarts et les punira en conséquence, tandis qu’Il les récompensera pour leurs bonnes actions dans le domaine interhumain. Car, une mitsva ne peut effacer une avéra, et inversement.

Moché se déplaça en personne

« Moché alla ensuite adresser les paroles suivantes à tout Israël. » (Dévarim 31, 1)

Les commentateurs demandent pourquoi le texte souligne que Moché se rendit chez les enfants d’Israël et pour quelle raison ils ne l’honorèrent pas en le rejoignant.

Dans son ouvrage Noam Sia’h, Rabbi Chimon ‘Haouï zatsal explique que, conscients que leur Maître devait leur enseigner les six cent treize mitsvot de la Torah et que seules deux manquaient encore au compte – celles de hakhel et de l’écriture d’un séfer Torah –, ils préféraient repousser ce moment qui marquerait sans doute la conclusion de sa mission sur terre.

Toutefois, Moché ne désirait pas retarder leur entrée en Terre Sainte, aussi se déplaça-t-il lui-même pour aller leur enseigner les mitsvot restantes et terminer ainsi sa transmission de la Torah.

La décision finale relève du dirigeant

« Car c’est toi qui entreras avec ce peuple dans le pays. » (Dévarim 31, 7)

Rachi commente : « Moché dit à Yéhochoua : “Les anciens de cette génération seront avec toi, tout se fera selon leur opinion et leur avis.” Mais, le Saint béni soit-Il lui dit : “Car toi, tu conduiras les enfants d’Israël dans la terre que Je leur ai promise” : tu les amèneras, malgré eux [s’il le faut], tout dépend de toi ; [si c’est nécessaire], prends un bâton et frappe-les au crâne ; un seul guide par génération et pas deux. »

Rav El’hanan Wasserman – que l’Eternel venge sa mort – demande comment Moché a pu se permettre de modifier la parole divine. Il répond qu’en réalité, ses propos ne contredisent pas ceux de D.ieu : le dirigeant de la génération doit écouter les opinions et conseils de ses anciens et de ses Sages, et non s’appuyer sur son seul point de vue pour trancher ; néanmoins, après avoir prêté oreille à ces divers avis, c’est lui qui aura le dernier mot.

LE SOUVENIR DU JUSTE

Article consacré à la Hilloula du Gaon et Tsadik, célèbre pour ses miracles, Rabbi ‘Haïm Pinto Hagadol – que son mérite nous protège – le 26 Eloul

Plus de Cent soixante-quinze ans se sont écoulés depuis la disparition de l’éminent Tsadik et kabbaliste, véritable phare du monde oriental, célèbre pour ses prodiges, Rabbi ‘Haïm Pinto Hagadol – puisse son mérite nous protéger. La puissance de sa Torah et de sa sainteté, qui s’exprimait à travers son verbe pur, générateur de miracles et de saluts – dans l’esprit de l’adage « Le juste décrète et le Saint béni soit-Il fait exécuter » – se vérifie encore de nos jours. De nombreux Juifs soulignent les incroyables miracles et saluts dont ils ont joui après s’être répandus en prières devant le Créateur, en évoquant le mérite du Tsadik.

Nos Sages nous enseignent que les « justes sont encore plus grands après leur mort que de leur vivant ». Et effectivement, d’année en année, nous sommes témoins d’un grand lot de nouveaux prodiges arrivés à des Juifs, croyants fils de croyants, venus se recueillir sur la sépulture du juste au Maroc pour prier le Tout-Puissant de les épargner de toute détresse et de toute maladie par le mérite du Tsadik.

« Après ma mort, je continuerai à me tenir devant le Saint béni soit-Il pour L’implorer, comme je l’ai fait de mon vivant. Je ne vous abandonnerai pas après mon départ, de même que je ne vous ai jamais abandonnés de mon vivant. »

Tels furent les derniers mots du Tsadik, Rabbi ‘Haïm Pinto Hagadol – que son mérite nous protège – prononcés après avoir parlé à un groupe d’élèves proches, sur un ton ardent, au sujet du service divin et de la crainte du Ciel.

Le nom du Tsadik Rabbi ‘Haïm Pinto fut vénéré durant des centaines d’années au Maroc et même en dehors de ce pays. Sa renommée et son inspiration divine dépassèrent toutes les frontières, traversant déserts, océans et continents. Dès son plus jeune âge, il bâtit une existence à l’aune de la Torah et de la sainteté, mode de vie qu’il calqua de ses saints ancêtres – que leur mérite nous protège. Il devint célèbre parmi toutes les communautés juives marocaines, tandis que même les Arabes le respectaient, le considérant comme un saint, faiseur de miracles.

Sa notoriété se propagea jusqu’aux contrées lointaines, au Moyen-Orient et en Europe. Des Juifs habitant ces pays lui demandaient de prier en leur faveur, d’implorer le secours et la Miséricorde divine.

La porte de sa maison, à Mogador, était toujours ouverte, de jour comme de nuit, à quiconque avait besoin d’aide, sans exception, qu’il fût riche ou pauvre, éminent ou de basse extraction. Il faisait tout son possible pour aider chaque personne s’adressant à lui.

Après le décès de son Maître, Rabbi Yaakov Bibas, les membres de la communauté vinrent prier Rabbi ‘Haïm de le remplacer en tant que Rav de Mogador. Au départ, il refusa, par humilité. Mais, devant l’insistance des dirigeants communautaires, il accepta d’endosser cette charge et de s’occuper des affaires générales comme de celles touchant individuellement les fidèles.

Son œuvre sainte débutait dès minuit. A cette heure, il se maîtrisait comme un lion pour entamer son service divin et son étude de la Torah. Son assistant, Rabbi Aharon Aben’haïm, se levait et se tenait prêt pour lui servir une boisson chaude.

Dans l’ouvrage Chva’h Haïm, il est rapporté qu’une nuit, il entendit deux voix s’élever de la chambre de son Maître. Il pensa : « Si, cette nuit, le Rav étudie avec un compagnon, je dois préparer également une tasse pour cet invité. » Il agit ainsi et apporta dans la chambre de son maître deux tasses de boisson.

Le matin, après la prière, Rabbi ‘Haïm appela son chamach et lui demanda :

« Dis-moi, s’il te plaît, pourquoi as-tu changé tes habitudes en m’apportant deux tasses de boisson chaude cette nuit ?

– J’ai entendu que mon maître parlait avec quelqu’un et j’ai pensé servir également l’invité. »

Le Tsadik secoua la tête en silence. Il regarda Rabbi Aharon et lui dit : « Heureux sois-tu, mon fils, d’avoir eu le mérite d’entendre la voix d’Eliahou Hanavi, cette deuxième voix que tu as entendue cette nuit ! Je t’ordonne de ne pas le dévoiler à qui que ce soit. »

Rabbi Aharon respecta l’ordre de son maître durant de nombreuses années et ne révéla pas un mot de ce qu’il avait entendu, malgré son désir de publier la grandeur du juste. Quand arriva le moment pour Rabbi ‘Haïm de quitter ce monde, Rabbi Aharon estima qu’il pouvait désormais raconter l’extraordinaire secret aux proches du Tsadik, leur dévoiler qu’Eliahou Hanavi venait étudier avec lui.

 

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